Caroline Angibaud championne du monde de waveski pour la 8ème fois -> avril10

Rencontre avec Caroline Angibaud sur le site de La Barre à Anglet, face à l’océan. Ultra douée Caroline ? Oui, assurément ! Outre le waveski, discipline dans laquelle elle excelle, notre championne pratique aussi le surf, le longboard et le surf tandem.

Etc magazine : Bonjour Caroline, nous sommes ravis de te rencontrer. Avant toute chose, qu’est-ce que le waveski ? Caroline Angibaud : Le waveski est une grosse planche de surf sur laquelle on est assis, les pieds en avant, calés dans des foot straps comme en planche à voile. On est sanglé au niveau des hanches et on se déplace avec une pagaie. Le but du jeu est de prendre des vagues comme on le fait en surf. 

Quelles en sont les origines ? C A : A la base ça vient d’Australie. Ce sont les sauveteurs australiens qui s’en servaient pour passer la barre et ramener les gens. Puis, ils se sont rendu compte que pour surfer c’était plus pratique avec une planche plus courte. Ils ont donc tout diminué et maintenant un waveski fait entre 2m10 et 2m30 de long.

Depuis quand le pratique t-on en France ? C A : C’est arrivé en France à peu près dans les années 80. Le waveski dépend de la Fédération Française de Canoë Kayak. Il y a des clubs sur toute la côte Atlantique, en Guadeloupe, à la Réunion. Ça s’est bien développé depuis quelques années.

Parle nous un peu de ton parcours. Comment et à quel âge as-tu commencé ? C A : Au début je faisais du bodyboard et l’année d’après je me suis mise au surf. Un été j’ai voulu faire un stage de surf dans une école mais il n’y avait plus de place. Par contre il y en avait en waveski et moi je ne voulais pas du tout y aller, je ne voulais pas du tout en faire, c’était nul (rires), je voulais faire du surf ! Mais c’était ça ou du catamaran... j’ai donc pris le waveski. En fait, j’ai adoré dès le début, j’ai acheté un planche et très vite je me suis inscrite dans un club et depuis je n’ai pas arrêté. Je continue en parallèle, le surf, le longboard et le surf tandem.

Tu as récemment décroché ton 8ème titre au Championnat du Monde en Australie. Ça te fait toujours le même effet ? C A : Oui, toutes les victoires sont très différentes parce que ça ne se passe pas au même endroit, ce ne sont pas les mêmes compétitrices, ce ne sont pas les mêmes vagues, le scénario est tout le temps différent. De plus, les finales durent une demi heure et il s’en passe des choses en une demi-heure.

Vous êtes nombreuses dans le monde ? C A : On l’est de plus en plus oui. On commence à être pas mal en France, on est les plus jeunes et on booste bien. Après, il y a les australiennes et les sud-africaines qui sont hyper fortes mais elles sont un peu plus vielles et les jeunes ne prennent pas trop la relève. Les néo-zélandaises aussi sont pas mal.

Est-ce que ce sport est très physique ? C A : Non, comme le surf. Ça dépend des vagues que l’on surfe mais c’est hyper accessible.

Quel est ton meilleur souvenir ? C A : En 2006, au Championnat du Monde en Afrique du Sud. Cette année là j’ai gagné, Mathieu (Mathieu Babarit le compagnon de Caroline) a gagné en open et mon frère Lionel a gagné en junior. C’était top de gagner tous les trois la même année.

Quels sont tes spots favoris ? C A : J’aime bien les Landes. J’aime bien Anglet aussi surtout la Chambre d’Amour là où était le Club (l’Anglet Olympique de Canoë Kayak) avant. A l’étranger, il y a Jeffreys Bay en Afrique du Sud que j’adore.

Ne regrettes-tu pas que cette discipline soit méconnue ? C A : Ça va être connu maintenant avec Etc... Entre le moment où j’ai commencé et maintenant il y a vraiment une grosse différence. Au début lorsque je parlais de waveski tout le monde me demandait ce que c’est, ce n’est plus le cas aujourd’hui. On a eu la chance d’être un peu médiatisé dans des émissions comme « Tout le Sport », dans de grands magazines aussi, les gens commencent un peu à connaître.

Peut-on débuter le waveski sans avoir jamais fait de kayak ni de surf ? C A : Oui. A la limite, je trouve qu’il vaut mieux avoir fait du surf ou connaître un peu les vagues parce qu’en fait, à part la pagaie, le waveski et le kayak n’ont rien en commun. Notre terrain de jeu c’est les vagues et nos critères de jugement sont exactement les mêmes qu’en surf. Ce qu’il faut pour débuter, c’est de ne pas avoir peur des vagues, choisir un endroit adapté sans trop de monde, dans un club c’est le mieux sinon on galère tout seul dans son coin. Au début, c’était surtout des kayakistes qui venaient au waveski mais maintenant il y a de plus en plus de gens qui y viennent soit directement soit par le biais du surf.

Quels sont tes prochains objectifs ? C A : Pas le Championnat du Monde en 2011 parce qu’il aura lieu en été et qu’il faudra que je travaille pour l’école de surf que nous avons avec Mathieu (Octopus multiglisse). Mais avec Mathieu on a mis en place le World Waveski Tour réservé aux seize meilleurs mondiaux et aux six meilleures femmes. Il aura lieu cette année en Irlande au mois de novembre, ce sera la 4ème année que nous l’organisons, ça marche bien. 

Pour en savoir plus sur l’école multiglisse de Caroline Angibaud et Mathieu Babarit : www.octopusglisse.com

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