
Etc magazine : Bonjour Dimitri, nous sommes très heureux de te voir en si bonne forme. Ton père, Michel, étant un ancien rugbyman., était-ce une évidence pour toi de pratiquer ce sport ? Dimitri Yachvili : Une évidence ? Ce n’est pas parce qu’il a joué que je devais forcément jouer au rugby mais j’ai toujours baigné dans ce monde là, depuis tout petit. Je pense que c’est dans mes gènes et dans mon sang. Ça s’est avéré lors de mon adolescence : j’ai pratiqué le foot pendant 4 ans mais je suis revenu au rugby assez naturellement.
Qu’est ce que le rugby t’apporte dans ta vie de tous les jours ? D Y : C’est un sport où l’on a besoin de son coéquipier. On ne peut pas y arriver seul. Ça t’apporte donc de la solidarité, un esprit d’équipe et le don de soi aussi. Le rugby est le seul sport dans lequel il faut se lier pour pousser ensemble dans une mêlée. Ça résume bien l’état d’esprit que doit avoir une équipe. C’est ce que je ressens tous les jours, l’esprit d’équipe et la solidarité, c’est très important.
Qu’aimes tu faire lorsque tu n’es pas sur un terrain ? D Y : Me reposer, parce que sur le terrain on bouge pas mal. Profiter de ma famille, de mes enfants. Manger au restaurant. Profiter de la vie simplement. Je ne peux pas avoir trop de loisirs, sachant que c’est assez risqué de faire d’autres sports que le rugby.
Du coup tu n’en pratiques aucun autre ? D Y : Non, non, j’ai fait un peu de surf l’été pour m’amuser quand je suis arrivé. Mais une fois ma carrière arrêtée, j’aimerais surfer, jouer à la pelote, faire du ski...
Quel serait ton pire souvenir sur un terrain ? D Y : La phase pendant laquelle je n’ai pas eu trop de réussite en début d’année 2008/2009. Cela a été très difficile d’essuyer des critiques venues de l’extérieur, mais il faut l’accepter, ça fait partie de la vie d’un sportif d’avoir des échecs et d’être critiqué. Il faut savoir pourquoi ça ne marche pas, se remettre en question, ce ne sont pas des moments faciles à vivre. Et sportivement, la finale de la Coupe d’Europe perdue en 2006 a été aussi une grande tristesse pour moi. On était arrivé en finale, jamais le club ne l’avait fait et on a échoué de très peu. Un moment très difficile, mais on a pu se rattraper avec le Championnat et gagner le Bouclier la même année, une bonne récompense pour nous.
Et ton meilleur souvenir ? D Y : Dans les plus beaux souvenirs il y a ces deux boucliers de Brennus en 2005 et en 2006. Ils ont une valeur sentimentale énorme car depuis qu’on est tout petit on parle du Bouclier de Brennus, c’est vraiment le graal pour un joueur de rugby. Mon père a perdu deux finales et je sais que ça le marque encore, ça a donc été une récompense pour moi et pour ma famille de pouvoir être champion de France.
Ta superbe fin de saison t’a permis d’être à nouveau sélectionné en équipe de France. Que penses tu de votre dernière tournée ? D Y : Personnellement j’étais très heureux, même si c’était suite à la blessure de Morgan Parra. La victoire à Dunedin contre les All Blacks, lors du premier test, a été mythique. Oui, c’était super de pouvoir y participer, même si ensuite on a perdu les deux derniers matchs. C’est toujours une très bonne expérience. De toute façon, à chaque fois que l’on met le maillot bleu blanc rouge sur les épaules, c’est toujours une grande fierté, une grande joie. Et puis d’une certaine façon cela a récompensé tout le travail de mes coéquipiers du Biarritz Olympique. J’ai beaucoup pensé à eux parce que c’était en grande partie grâce à eux si j’étais là.
Cela fait 8 ans, maintenant, que tu joues au Biarritz Olympique... tes attaches au club et au Pays Basque doivent être fortes... D Y : Oui, oui, très fortes. Je me sens plus que biarrot maintenant. C’est vrai que c’est ma 8ème saison (Dimitri semble le réaliser à l’instant)... J’ai connu un peu tout avec le BO : des joies, des galères, des moments forts. Je me sens très bien à Biarritz, le cadre de vie est exceptionnel, les gens sont très gentils, très proches de nous, très respectueux.
Quels sont les objectifs du BO cette saison ? D Y : Retrouver les 1/2 finales du Championnat et les 1/4 de finales de la Coupe d’Europe. Ce serait bien qu’on y arrive. Depuis deux saisons nous n’avons pas rempli ces objectifs, nous allons donc tout mettre en œuvre dès le début de la saison cette fois. Il va donc falloir se mettre dans le bain et surtout gagner, c’est le plus important.
Et les tiens ? D Y : Les miens sont forcément les mêmes que ceux de mon club. A savoir participer aux 1/2 finales et aux phases finales de la Coupe d’Europe. Moi, je ne vis que par mon club, les sélections n’arrivent qu’après. Je sais très bien qu’une sélection se mérite, il faut savoir être bon et gagner avec son club. Je me focalise essentiellement sur le Biarritz Olympique.