Frédéric Mendes Assistance Depannage Une affaire de famille depuis plus de 30 ans -> avril10

Pas vraiment évident pour Frederic Mendes, dirigeant de la société Assistance Dépannage, de trouver un petit moment tranquille pour nous accorder cette interview. Frédéric est ce que l’on pourrait appeler un homme pressé. Pour lui rien n’est impossible, alors ça y est, on l’a notre petit moment tranquille, chez lui en famille pour une interview vérité.

Etc magazine : Pourquoi avoir choisi un bulldog anglais comme emblème ? F M : Au départ on avait des camions blancs avec une petite grue dessinée. On voulait changer et révolutionner un petit peu l’image du dépannage. Quand on a choisi le jaune et ce bulldog un peu agressif tout le monde en a parlé. On nous reconnaît grâce à cette image, même à Paris.

Quelles sont les qualités principales pour ce job ? F M : Sur les accidents les gens sont très choqués, il faut les rassurer, il y a une bonne part de psychologie. Aujourd’hui, si on a le choix, on arrive même à sélectionner notre chauffeur en fonction de l’intervention.

En moyenne, par jour, combien de fois sortez vous ? F M : On fait à peu près une vingtaine d’interventions par jour. L’été ça peut passer à 50, 60, à 100 interventions. C’est très difficile à gérer.

Quelles sont les raisons les plus fréquentes de vos interventions ? F M : La panne. Aujourd’hui l’assistance se fait à 0km et ça nous a amené de plus en plus de travail. L’accident ne représente rien par rapport au volume, c’est vraiment la panne.

Vous êtes toujours en alerte, disponibles. C’est un peu un métier de dingue, non ? F M : On ne peut faire ce métier que si on l’aime. Il nous arrive de passer 10 ou 15 heures sur l’autoroute pour des accidents. C’est très difficile de trouver du personnel. On a choisi de vivre avec le central téléphonique au dessus de la maison. C’est un peu dingue, c’est vrai mais on aime ça.

Quel a été ton dépannage le plus insolite ? F M : On est allé en Espagne, à Laguardia en Rioja, sortir un avion de tourisme tombé sur le haut d’une montagne. On est parti à sept pendant quatre jours. Il a fallu construire une route dans la forêt et découper l’avion sur place, un vrai challenge. Nos équipements nous permettent de faire des choses particulières, d’installer des véhicules dans des endroits insolites comme le Casino Barrière par exemple.

En panne sur l’autoroute. Quels sont tes conseils ? F M : Se mettre sur la bande d’arrêt d’urgence bien sur, enfiler son gilet et aller derrière les rails de sécurité.Il faut surtout avertir d’une borne parce qu’on a le point exact, pas d’un portable. Les autoroutes devraient faire un effort et distribuer un petit manuel l’été, pour rappeler aux conducteurs les règles à respecter, notamment, en cas d’accident ou de gros bouchons. Les services de sécurité ont besoin de passer devant le bouchon pour évacuer et remettre la circulation en route. Suite à un accident un bouchon peut mettre 10 heures à se résorber, si tout le monde y met du sien on est plus efficace.

La prévention routière se bat beaucoup contre la vitesse et peut-être un peu moins contre les mauvaises habitudes de conduite. Que peux-tu en dire ? F M : Pour moi, la vitesse n’est pas le principal problème, c’est plutôt le manque de civisme chez les professionnels et les particuliers. Au niveau du permis de conduire il y a quelque chose à faire, une éducation différente serait meilleure. C’est bien d’apprendre les panneaux, mais en situation de danger beaucoup de gens ne savent pas quoi faire.

Peux-tu nous renseigner sur les différentes évolutions routières de ces dix prochaines années dans la région ? F M : Des travaux sont en cours et on va subir pendant dix ans, c’est sûr (rires) ! On a une géographie qui ne se prête pas trop à l’évolution et la densité des habitations autour a posé pas mal de problèmes. L’autoroute va passer en deux fois trois voies. Il fallait remédier à plusieurs choses, comme l’arrivée de l’autoroute de Pau, par exemple, qui finissait sur un rond-point où il y aura un échangeur aérien. Ça fait dix ans qu’on entendait parler de ces modifications.

Si tu n’avais pas fait ce métier, qu’aurais tu aimé faire ? F M : Déjà tout gosse, je partais avec ma mère faire les courses pour qu’elle m’achète des petites voitures « Majorette ». Je n’étais pas rentré à la maison que je les avais déjà cassées. J’avais un gros tas de voitures pliées en fait (rires). Donc, je ne sais pas ce que j’aurais aimé faire à part ça (rires).

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