Nicolas Masterson Aka Taro -> octobre09

Nicolas Masterson est avant tout graffeur. Il décline son art sur de nombreux supports, décoration murale, véhicules, toiles, planches de surf. Son style se rapproche de l’hyperréalisme graphique. Il vadrouille entre Paris et le Pays Basque, dont il est natif, s’expose, illustre, participe à plusieurs collectifs... Un garçon plutôt occupé, pas facile à toper.

Etc mag : Bonjour Nicolas, tout d’abord, afin de rassurer nos lecteurs... tu n’es pas un vandale ? Nicolas Masterson : Bonjour etc. Comme tous les graffeurs, j’ai forcément commencé par de la peinture illégale. Personne ne vous donne un mur à peindre avant que vous ayez fait vos preuves, surtout à l’époque à laquelle j’ai commencé

Comment as-tu découvert l’univers du graffiti ? N M : Grâce à mon grand frère Jonathan qui était précurseur dans la région et actif de 93 à 96.

Peux-tu nous parler un peu de ton parcours ? N M : Je n’ai jamais fait d’école d’art, mais j’ai toujours été attiré par le dessin. Quand j’étais au collège, il y avait un country club désaffecté derrière l’école, donc avec mon pote Adrien Dell’armi (avec qui je travaille encore aujourd’hui), on y faisait nos marques entre les cours. Ensuite il y a eu l’usine de plastique à Anglet St Jean, puis celle à côté du port de plaisance qu’on appelait le souffre. Un jour, pendant qu’on peignait, un journaliste est venu nous parler, puis il a fait un article sur nous. C’est là que tout a commencé.

Quelle est la différence entre un tagg et un graff ? N M : Un Tag est une signature, comme on peut en voir dans toutes les villes. Un graff, c’est un lettrage, plus long à réaliser et beaucoup plus grand. Certaines personnes ne font que des tags, c’est en quelque sorte de la publicité illégale, d’autres ont une intention plus artistique avec des jeux de couleurs, des dégradés etc.

Quel est ton support favori ? N M : Je n’ai pas de support favori, j’ai un outil favori, la bombe aérosol.

On parle beaucoup d’écologie et les graffeurs peignent à la bombe, que peux tu nous dire la dessus ? N M : Je peux vous dire que les bombes que l’on utilise depuis une dizaine d’années ne sont pas des peintures de carrosserie auto, mais des bombes recyclables qui ne polluent pas la couche d’ozone. Depuis deux ans, il existe une marque qui fait des bombes écolos, on ne peut pas les trouver partout, mais elles sont tout aussi efficaces. On les utilise entre autre pour peindre les bennes d’Anglet dans le cadre du développement durable .

Où puises tu ton inspiration ? N M : Pour mes toiles je m’inspire d’ambiances de rue des pays que j’ai visités. Quand je suis allé à New York, j’ai été frappé par tous ces bâtiments en contre-jour. Ce phénomène est dû à leur hauteur. Je me suis inspiré de ça pour certaines de mes toiles.

Quelles sont tes influences ? N M : Comme tous les peintres de mon âge, Andy Warhol m’ a influencé par sa façon d’interpréter les couleurs, Estes et d’autres pour le côté réaliste et le graffiti pour le côté graphique.

Comment vis tu le fait que tes créations, notamment sur les murs, puissent être éphémères ? N M : Ça ne me dérange pas plus que ça, le graffiti, pour moi, doit être vite exécuté, donc le fait que ça soit vite repassé, c’est une fin logique (on meurt comme on vit).

Tu appartiens à plusieurs collectifs, quelles sont leurs actions ? N M : Leurs actions ont pour but de faire avancer le groupe. Chacun peint et a ses propres activités (avocat, dj, galeriste, chanteur, graphiste, décorateur, illustrateur etc.). Nous essayons de créer des évènements et chacun a son rôle pour l’ organisation et la réalisation .

As tu d’autres passions ? N M : La musique, évidemment, j’en suis cerné avec un frère ingénieur du son et une compagne Auteur/Compositeur/Interprète .

Quels sont tes projets ? N M : Plusieurs expositions dans des galeries à Paris et de gros projets déco. Je n’en dirai pas plus car ce ne sont que des projets...

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