
Etc magazine : Patrick, tu as un parcours un peu atypique, peux-tu nous en parler ? Patrick Cossu : Je peins depuis 25 ans, avant j’étais dans la fringue. Je me suis mis à peindre un peu par accident, je n’ai pas fait les beaux arts, ni aucune autre école de peinture. C’est en travaillant au Bar Jean que tout a commencé, Lionel savait que je peignais un peu et m’a demandé de lui faire un tableau pour la déco du restaurant. Par la suite, il m’en a commandé d’autres pour le Havana Café, tu vois ça fait un bail. Et puis j’ai eu la chance de faire ce taureau et ça a boosté l’histoire.
C’est vrai que tu as fait de nombreux tableaux pour les restaurants... P C : Vendre aux restaurants te permet d’être vu par le plus grand nombre. Tu peux être le plus grand peintre si tu restes chez toi personne ne te voit. C’est très difficile pour les peintres de sortir et de se faire connaître. J’ai parmi ma clientèle des gens qui n’auraient jamais mis les pieds dans une galerie. Et puis maintenant tout le monde expose dans les restaurants ou les magasins, j’ai un peu démocratisé le truc dans le coin.
Aujourd’hui Aski est une signature très identifiable... P C : C’est ce qui me fait plaisir parce que c’est le plus difficile, en fait.
Comment as-tu choisi le nom d’Aski ? P C : C’est Yoyo du Bar Jean, qui m’a donné ce nom, ça veut dire “assez“. Je venais d’accumuler les problèmes et il trouvait que c’était assez (rires).
Ton fameux taureau, c’était une commande ? P C : Non, pas du tout. Je suis allé à Nîmes pendant une feria et dans un bar il y avait une immense banderole avec 40 taureaux différents. Tous très détaillés, peints de façon très photographique. Cela m’a donné l’idée d’en faire mais moi je l’ai imaginé comme ça (montrant une tête de taureau exposée dans sa galerie)
Tu acceptes les commandes ? P C : Oui, bien sûr. Les gens me donnent un thème, marine, crampotte, enciero... et après je ne fais que ce que je veux. Je suis ravi quand ça plaît parce que je fais le maximum. Il y a des peintres géniaux, moi ce n’est pas mon cas. Il faut que je fasse beau. Tu sais ce n’est pas ce que tu as au bout des doigts qui est important mais ce que tu as dans la tête.
Que répondrais-tu à ceux qui disent que ce que tu fais est commercial ? P C : Je ne sais pas, ça dépendrait surtout de comment ils me le diraient... Si être commercial c’est être à la portée de tout le monde. Si tu deviens commercial parce que tu plais, alors mon taureau est commercial.
Qu’est ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais ? P C : Je me régale quand je fais des choses comme ça (montrant un tableau représentant une enciero). J’adore le port des pêcheurs, les paysages et bien sûr mes taureaux.
Quels sont tes autres centres d’intérêt ? P C : Les voyages et mes amis.