Robert Brandhof -> mai09

Rencontre avec, l’artiste hollandais, Robert Brandhof, installé depuis 1992 dans notre région. Propos recueillis dans les locaux de l’historique Imprimerie Ferrus à Biarritz, entre presses et encriers.

Etc magazine : Comment et quand avez-vous découvert le monde de l’art ? Robert Brandhof : Au berceau, puisque mes parents étaient très liés avec le peintre hollandais Bob Ten Hoope. Je fréquentais les expositions avec eux, petit. J’ai toujours vu de l’art autour de moi.

Concrètement, quand avez-vous commencé à créer ? RB : Vers l’âge de 13-14 ans je manifestais à l’école plus d’intérêt pour la peinture et le dessin que pour tout autre chose. Et les années se sont écoulées jusqu’à l’année cruciale 1984 pendant laquelle j’ai dessiné une série de croquis consacrée à la naissance et à la maternité. Une sélection de ces croquis formera mon premier livre d’artiste intitulé « Etudes pour une maternité », réalisé par Paula Marie Gourley aux Etats-Unis en 1988. C’est le début de ma carrière et c’est le fondement.

Pouvez-vous nous décrire ce fondement ? RB : Ce fondement consistait dans la confirmation que j’allais m’orienter vers une oeuvre figurative avec une forte présence du dessin, le tout basé sur la notion de trait exprimant l’essentiel et le spontané.

Robert, vous créez souvent hors de votre atelier... RB : Oui, j’ai eu l’énorme chance de pouvoir réaliser des lithographies à l’imprimerie Mourlot à Paris, puis des céramiques personnelles à la Poterie d’Art de Ciboure. Avoir pu fréquenter ces deux lieux et avoir pu collaborer avec des artisans d’un tel niveau a été très enrichissant.

Qu’est ce qui vous a amené à créer des céramiques à la Poterie d’Art de Ciboure ? RB : L’envie d’aller au-delà des supports habituels comme la toile et le papier. Max et Carmen Fischer ont tout de suite accepté ma demande et j’ai donc pu créer des céramiques avec mes thèmes récurrents comme les nus, les espadrilles ou bouteilles. Je ne savais pas à l’époque, que j’allais devenir le témoin privilégié des dernières années d’existence de cette célèbre poterie.

Vous avez une passion particulière ? RB : Oui, je m’intéresse à tout ce qui compose la culture persane : miniatures, tapis, céramiques, architecture... C’est dû a une raison très précise. Mon père a travaillé en Iran à plusieurs reprises quand j’étais jeune. Il en a ramené de nombreuses photos.C’était une révélation, la découverte de l’Orient avec les chameaux, le désert, les vestiges archéologiques. Je me souviens même des oranges qu’il avait rapporté dans sa valise. Ça a été une ouverture sur un autre monde, d’autres couleurs, d’autres façons de s’exprimer. Une imagerie qui m’a toujours hanté, pour laquelle je ressens de fortes émotions.

Quelles sont vos actualités et projets ? RB : Je viens de terminer ici à l’imprimerie Ferrus à Biarritz une série d’estampes typographiques qui composent une fois relié, mon troisième livre d’artiste. C’est un domaine que je souhaite développer encore, en étroite collaboration avec des relieurs d’art.

A paraître aux Editions Bermingham ; Saint Sébastien : « El libro de los gestos », un recueil de pésie de Jon Obeso Ruiz de Gordoa. Avec une traduction française par Carlos Aurtenetxe. Illustré de trois dessins de Robert Brandhof.

www.robertbrandhof.com

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