
Etc mag : Félicitations Romain pour ta superbe saison 2009. Quels souvenirs en gardes-tu ? Romain Sicard : Pas mal de souvenirs. Les deux dernières victoires bien sûr mais aussi la découverte d’une autre culture, d’un autre pays, d’une autre équipe, un petit peu de tout ça.
Qu’est ce qui t’as amené au vélo ? R S : Quand j’étais petit, mon père en faisait pour le plaisir ainsi que mon oncle, ils m’emmenaient avec eux. Mais c’est surtout en regardant le Tour de France à la télé. La compétition et l’ambiance qu’il y a sur cette course me passionnaient chaque année. Je faisait du vélo comme ça avec mon père, pour me promener, vers 7 ou 8 ans, mais pas régulièrement. Après, j’ai été dans mon premier club à l’âge de 13 ans. La motivation et l’envie ont toujours été là.
Tu as commencé par la piste. Etait-ce une bonne école ? R S : En fait, j’ai commencé par la route mais très jeune mon entraîneur du Club de Tarnos, Serge Guerrero, souhaitait que l’on fasse de la piste. Cela m’a apporté pas mal de choses, c’est vrai, de l’agilité, savoir rester dans le peloton, agir à l’instinct. Après, ça a développé aussi quelques qualités physiques comme l’explosivité, le sprint, savoir rouler et aussi la science de la course, comme on n’a pas de freins, c’est un pignon fixe, on ne peut pas s’arrêter de pédaler, il faut donc agir vite.
Il y a des vélodromes ici ? R S : Avant il y en avait un à Bayonne mais la piste a été détruite pour aménager le stade Jean Dauger, c’est un peu dommage. Il faut aller sur Bordeaux ou sur Mourrenx ou bien à San Sebastian, j’allais souvent m’entraîner là-bas d’ailleurs.
Comptes-tu revenir un jour sur la piste ? R S : Il n’y en avait pas cette année au programme. Je suis dans une équipe qui a moins la culture de la piste. Il est vrai que le programme sur route est déjà très très complet. Pour l’instant, j’ai mis la piste entre parenthèses mais c’est quelque chose que j’aime bien, je n’y tire pas un trait définitif, je pense y revenir tôt ou tard.
Champion de France de l’Américaine en 2004, Champion de France de Scratch en 2008. Cette année : vainqueur du Tour de l’Avenir, vainqueur de la Subida Narando et Champion du Monde sur route espoir. Quel style de coureur es-tu ? R S : Je pense être plus un grimpeur/rouleur qu’un sprinteur, le sprint n’est pas ma spécialité. On va dire que je suis un coureur qui aime les efforts intensifs et longs plus que les efforts courts et explosifs. En plus, je suis assez léger, je ne suis pas trop mal quand ça monte. Il me manque encore un peu de puissance pour les chronos mais j’essaie de m’améliorer.
Tu passes de la formation Orbea (Continentale Pro) à Euskaltel-Euskadi (Catégorie Pro Tour). Quels seront, dorénavant, tes contraintes et tes espoirs ? R S : Le nombre de jours de courses sera plus important, 7 jours, 10 jours et 21 jours par la suite. Le niveau des courses sera beaucoup plus élevé. Les distances aussi vont changer, on va passer à des courses de plus de 200 km, ce dont je n’ai pas du tout l’habitude. Pour être prêt pour tout ça les charges d’entraînement vont augmenter. Là, je vais me retrouver avec l’élite du cyclisme, les meilleurs de toutes les nations.
Orbea et Euskaltel sont liés ? R S : Exactement, en fait Orbea et Euskaltel font partie de la même fondation : Euskaltel-Euskadi, qui comprend aussi, Naturgas, une équipe amateur. Dans cette formation tout est lié, ce sont les mêmes entraîneurs, les mêmes mécaniciens... Au niveau de l’encadrement je connais déjà tout le monde même si j’intègre l’équipe supérieure.
Tu es basque, engagé dans une équipe basque. En tires-tu une satisfaction particulière ? R S : Quand j’étais jeune, mon rêve était d’intégrer une équipe du Pro Tour. J’ai toujours vécu ici, je suis basque et le fait que ce soit une équipe basque, avec cette philosophie là, est un attrait supplémentaire, c’est vrai.
Lorsque l’on te parle de dopage, que réponds-tu ? R S : Bien sûr je suis contre. Moi, je suis encore le gamin qui en veut à tous les tricheurs. J’ai fait un choix en faisant du vélo : c’est avant tout de prendre du plaisir et de faire un sport. Je pense que le sport a une étique. Ma priorité numéro un est de rester propre. Le vélo est une passion mais je crois que si un jour je n’ai pas d’autre choix, que je n’ai plus le niveau, j’arrêterais tout ça, je ferais autre chose.
A ce propos, tu t’es préparé à faire autre chose, au cas où ? R S : En fait j’ai passé un bac scientifique, puis j’ai entamé un IUT Génie Civil mais j’ai arrêté car ça ne me plaisait pas trop. Si j’arrête le vélo, j’ai envie de devenir entraîneur. Je vais essayer de passer mon Brevet d’Etat prochainement et on verra. Par la suite, j’aimerais bien aider les jeunes et essayer de promouvoir et développer le vélo ici.
Peut-on espérer te voir sélectionné parmi les 9 coureurs choisis par Euskaltel, pour le prochain Tour de France ? R S : Honnêtement je répondrais que non. Pourquoi ? Parce que je n’ai que 21 ans, comme je l’ai dit auparavant, j’ai rarement fait des courses de plus de 200 km et des courses de plus de 7 jours non plus. Je pense que ce serait un peu démesuré pour moi sur le plan physique de penser être présent. Je dois d’abord m’aguérir sur des courses d’une semaine avec des distances un peu plus longues.Pour faire partie des 9 coureurs il faut prouver qu’on a sa place, être dans les 9 meilleurs et je suis loin de l’avoir prouvé, j’ai encore tout à démontrer.
Quel sera ton programme ces prochains mois ? R S : Reprendre l’entraînement petit à petit, faire un peu d’autres sports, musculation, natation... et monter petit à petit les charges d’entraînement. La saison débutera sans doute en Australie fin janvier pour le Tour Down-Under.
As-tu d’autres passions ? R S : Oui, j’aime pas mal d’autres sports bien sûr, le ski, la natation, le karting. Je suis souvent sur le circuit de Briscous, on aime bien se défier avec les amis. Sinon, j’aime sortir avec les copains, cinéma, bowling...