
Etc magazine : Quelles sont tes attaches avec le Pays-Basque ? Olivia Adriaco : Je viens depuis que je suis petite. Aujourd’hui, mon grand-oncle et mon parrain habitent à Bayonne, depuis pas mal d’années. Lorsqu’ils étaient encore en activité et qu’ils habitaient Paris ils passaient leurs vacances ici et je les ai accompagnés plus d’une fois. Voilà, c’est comme ça que j’ai connu le Pays Basque et depuis j’ai gardé cette mauvaise habitude (rires). Par la suite, j’y ai loué des maisons, j’y suis revenue régulièrement et à n’importe quelle saison. J’adore ce pays, maintenant j’y habite.
Qu’es-tu venue chercher en t’installant ici ? O A : Je suis une amoureuse de la nature et je trouve que c’est un des plus beaux endroits de France. Bravo aux basques qui ont su préserver leur nature. Et puis surtout, c’est un petit mouchoir de poche entre la mer et la montagne où tout est possible. Le temps change tout le temps, il faut tout prévoir : des boots pour aller faire une randonnée car, on ne sait jamais, on peut monter à cheval ; les palmes, le maillot, la serviette, le chien, la balle (rires)... Moi j’adore, tu mets tout dans la voiture et tu improvises. Il y a aussi une très belle lumière, vraiment particulière. Je suis en extase devant tout ça. J’aime les gens d’ici, j’aime les gens sincères, ils sont accueillants, ils t’aiment ou ils ne t’aiment pas, il n’y a pas de milieu, ils ne parlent pas des autres. J’aime bien la mentalité d’ici et puis on mange bien !!! Et c’est à côté de l’Espagne. C’est un endroit exceptionnel et unique mais il ne faut pas trop le dire !
Il ne faut pas le dire mais on peut l’écrire ? O A : Oui, on peut l’écrire (rires).
Quelle serait ta journée idéale ? O A : Ma journée idéale commence toujours comme ça : se réveiller de bonne humeur, bien respirer, faire un peu de sport, rendre mes animaux heureux et moi après je suis contente. En fin de compte, ma journée idéale je crois que je la vis un peu tout le temps. J’essaie de profiter des meilleures choses au meilleur moment.
On te connaît mieux comme animatrice télé ou radio et peut-être un peu moins en tant que chanteuse. Comment est née ta passion pour la musique ? O A : Ma passion pour la musique est née bien avant que je fasse de la télé. J’ai sorti mon premier 45 tours à 17 ans et pendant plus de dix ans je n’ai vécu que de la musique. En faisant des choeurs, des voix pour la pub, pour des dessins animés. La télévision est arrivée par la suite, complètement par hasard, en allant plonger avec les phoques au Mexique (rires). Sur le bateau il y avait Gérard Pullicino, à l’époque il réalisait des clips pour M6. Il me dit « je cherche des filles comme toi », je lui ai répondu « mais pour quoi faire ? Je suis incapable de présenter une émission ». De retour à Paris il m’a rappelée ce qui est quand même étonnant et voilà ça fait 20 ans que ça dure.
Tu n’as jamais abandonné la musique ? O A : Non je n’ai jamais abandonné la musique mais c’était un peu compliqué. A l’époque je présentais des émissions quotidiennes et quand tu présentes des émissions quotidiennes en direct, tu commences à 10h00, tu termines à 20h00 et évidement tu n’as plus tellement de temps. Mais j’ai toujours fait des petits concerts.Par la suite tu as créé ton propre label... O A : Oui, bien plus tard. On en avait marre, avec Cecil*, de ranger les choses dans le tiroir. On a pris le taureau par les cornes et monté le label. On a sorti un album « Ambiguous », on s’est endettés très lourdement, on s’est mis sur la paille (rires), vraiment. Il s’est écoulé 5 ans, le temps de se re-fabriquer un peu. Entre temps MySpace s’est créé et c’est grâce au nombre de personnes qui venait s’ajouter tous les jours que nous avons trouvé l’énergie de repartir sur un second album « Heaven Seven ». On a fait une pré-sortie au mois de juin 2009 avec très peu de moyens. On s’est donné le temps de voir s’il y avait une accroche. Il y a en a eu une puisque le label ADN nous a signé pour la distribution. Le disque ressort donc au mois de Mars, dans de bonnes conditions. Il est présenté en radio en ce moment comme tous les autres albums.
Ce n’est pas toujours facile d’avoir plusieurs casquettes... le public suit-il ? O A : Le problème ce n’est pas le public, pas du tout. Le public est très curieux de savoir ce que vous faites, au contraire il se dit « tiens, elle chante ?! ». Les gens sont intrigués, ils viennent voir, je m’en suis rendu compte avec le premier album. On a fait, via la Fnac, 25 showcase dans toute la France, 18 000 km en deux mois et demi, je peux te dire que j’ai vu du monde.
Pourquoi chantes-tu en anglais ? O A : Je chante en anglais parce que c’est musical. Je suis orientée vers le rock anglais et il n’y a pas 36 solutions le rock anglais se chante en anglais. Demain, si je chantais de la salsa, je la chanterai en espagnol. Il y a aussi une histoire d’accent tonique. Il y a un rythme dans les langues et il y a un rythme aussi sur la musique. Il se trouve que notre langue a un spectre vocal très linéaire et très amphasique, tandis qu’en anglais ou même en espagnol, il y a des accents toniques. C’est difficile de faire des chansons à rythme en français car il y a des phrases et des mots très longs, on a beaucoup de mal à en saccader le rythme. Je ne vois pas d’ailleurs, où est le problème de chanter en anglais.
Quelles sont les influences d’Heaven Seven ? O A : Toujours rock anglais. Le plus difficile pour un artiste c’est de trouver son identité. Par exemple, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on n’est pas là pour juger, mais quand tu entends un morceau de Johnny Hallyday, avant même qu’il commence à chanter tu sais tout de suite que c’est du Johnny Hallyday, il a une identité musicale, comme Véronique Sanson, tu peux prendre Coldplay aussi. Le plus difficile est de trouver son univers, entre la voix et ce qu’il se passe derrière, la mélodie, la composition, l’orchestration... C’est un ensemble de choses qui fait que ça ne ressemble qu’à toi. On n’invente plus rien aujourd’hui, toutes les musiques sont déjà là, c’est la façon dont on les digère, la façon de retranscrire qui diffère. L’album est anglo-saxon, à la fois pop et rock anglais avec des sonorités blues de temps en temps.
Quel rôle joues-tu dans la création ? O A : Un rôle de A à Z. Je compose mes titres, ainsi que Cecil ; mais lui s’occupe entièrement de la réalisation musicale, c’est à dire tout ce qui se passe derrière, l’orchestration. C’est un travail d’équipe, il faut toujours que nous tombions d’accord sur la direction prise, car “in finé“ il faut pouvoir assumer les choses, être content. Si on n’est pas content, on ne met pas.
La scène tu y penses ? O A : On n’arrête pas d’y penser. C’est comme ça que vit la musique, sur scène. Tu te la ré-approprie d’une façon différente. C’est la seule façon de rechanter après le studio. Il vaudrait mieux en faire que d’y penser, c’est un luxe d’avoir des musiciens derrière soi. C’est en train de s’organiser...
Quelle est ta playlist du moment ? O A : Je réécoute que des trucs que je n’ai pas écouté depuis longtemps, donc ce n’est pas neuf (rires). Quoique j’aime bien le dernier Chrissie Hynde, c’est rock anglais à souhait. J’adore sa voix, la façon dont elle phrase, dont elle place les mots, je peux écouter ça en boucle. Annie Lennox, Bowie, j’aime beaucoup aussi. Et puis de temps en temps j’ai des phases où j’écoute des chanteurs inconnus, des musiques indiennes... Tiens, j’ai entendu les Black Eyed Peas, j’ai trouvé ça plutôt bien, même si ce n’est pas mon genre musical...